Berlin au cinéma

En plein festival du cinéma à Berlin, le web-magazine d’Arte, Blow up revient sur une ville dont son image au cinéma est bien riche.

Le cinéma s’est très vite intéressé à Berlin. Les studios de la UFA vont coordonner et créer d’importants studios qui feront de l’Allemagne un pays pionnier dans cet art nouveau au début du XXe siècle. Depuis les années 20, Berlin est montré comme une métropole trépidante (L’incroyable Berlin, symphonie d’une grande ville , de ….Métropolis de Fritz Lang s’inspire de Berlin même si elle présente une ville futuriste), mais  rongée par la pègre (M le Maudit, de Lang toujours, ou Berlin Alexanderplatz, l’adaptation du roman de Döblin). Dans les années 30, il est au service de la propagande d’État nazi dont la plus complexe des réalisatrices, Leni Riefenstahl, immortalise les JO de 1936. Dans les années d’après guerre, la ville sert de décors à des films de guerre, des films de reconstruction, des films des nouvelles tensions. Un des films les plus intéressant sur cette période a été fait par un italien, le Allemagne année zéro de Roberto Rossellini, tournée à Berlin en 1947  la montre complétement en ruine, physique autant que morale. Dans les années 60 et 70 une nouvelle génération de cinéastes allemands puisent à Berlin une inspiration et montrent au monde entier un Berlin ouest hors du temps, hors du monde. L’après guerre froide sera la période de toutes les directions : Berlin avant le mur, pendant le mur, après le mur, les reconstitutions hollywoodiennes ou les films expérimentaux voir des films de science fiction. Le Berlin comme décors d’une nouvelle période.Berlin, une ville comme n’importe quelle autre.

Si le nom Blow up peut vous dire quelque chose, c’est peut-être que vous êtes des inconditionnels de Antonioni. En 1966, il sort un film sur les interrogations d’un photographe à Londres. Voit-il une scène de meurtre dans l’une de ses photos ?  Il doit agrandir, regarder les détails de son travail pour trouver la vérité. C’est exactement ce que propose de faire Luc Lagier avec cette web série portant le même nom. Depuis 2010, de manière court, de manière ludique, de manière régulière, le cinéma de tous les genre est présenté, décortiqué, présenté. C’est au tour de cet incroyable décors urbain qu’est Berlin d’être mis en avant.

Profitez de cette balade du 7ème art.

En lien, la page youtube de Blow up, une chaine à connaître pour tous les fan de cinéma :  https://www.youtube.com/channel/UCfE1oQ47oqyJNzM-nFy_gjA

 

 

Merci aux concepteurs des affiches du festival du cinéma de Berlin. Cette année et l’an passée les panneaux publicitaires nous faisaient voir des ours dans des lieux improbables !

 

 

Dernière chose, le festival s’est terminé le 25 février.

L’ours d’or a été donné à Adina Pintilie pour son film Touch Me not ; le grand prix du jury, à Malgorzata Szumowska pour Twarz ; l’ours d’argent, du meilleurs réalisateur, à Wes Anderson pour l’île aux chiens.

Plus d’informations sur ce lien : https://www.berlinale.de/en/HomePage.html

Le 9 novembre : une date à commémorer ?

Quelle est la date de la fête nationale en France ? Allez, tous en chœur : le 14 juillet ! Si on parle plus souvent de la prise de la Bastille, on célèbre en fait la fête de la fédération du 14 juillet 1790. Car n’est-il pas plus glorieux de célébrer l’unité d’une Nation plutôt qu’un acte de violence ?

Cette question se pose également pour la fête nationale allemande.

Peut-être vous souvenez-vous de la date de la chute du mur ? Dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 novembre 1989, les check-points de la frontière inter-allemande et de Berlin sont enfin ouverts. Rebaptisée « chute du mur de Berlin », le 9 novembre 1989 reste dans les mémoires comme un jour (ou plutôt une nuit) de fête, qui marque des retrouvailles, après 28 ans de séparation.

(KEYSTONE/EPA/DPA/Fischer)

La fête nationale serait-elle alors célébrée le 9 novembre ?
Eh non ! c’est le 3 octobre, car c’est le 3 octobre 1990 qu’a lieu la réunification officielle.

Pourtant, le 3 octobre 1990 est une date assez formelle, sans portée épique. Elle ne célèbre pas la magie qui entoure les retrouvailles du 9 novembre, mais la simple mise en application d’une décision politique.

Alors, pourquoi préférer un terne 3 octobre à un flamboyant 9 novembre ?
Peut-être justement parce que le 9 novembre évoque des sujets trop brûlants pour les allemands.

 

  • Proclamation de la République par Philipp Scheidemann au Reichtag.

    Le 9 novembre 1918, à Berlin, le pouvoir impérial est renversé.

Fin de l’empire, fin d’une guerre trop longue et changement radical de régime avec la naissance de la 1 ère République allemande, future République de Weimar.

Sauf que, deux républiques sont proclamées simultanément, par deux partis différents : un plus réformiste, le parti socialiste, mené par Philipp Scheidemann,  l’autre plus révolutionnaire, le communiste, mené par les spartakistes et Karl-Liebknecht.

 

Karl Liebknecht proclamant la République Socialiste d’Allemagne depuis le Château Impérial.

On parle de « frères » ennemis, qui défendent deux visions de ce que doit être cette République. La guerre civile éclate et de nombreuses tensions politiques et économiques vont secouer le pays. Le conflit s’achève dans le sang, avec l’assassinat de spartakistes, dont Karl-Liebknecht et Rosa Luxembourg.

Ce 9 novembre évoque donc la naissance de la République allemande, mais également une date amère pour les communistes.

 

  • Le 9 novembre 1923 est également une date marquante et pourtant méconnue : l’échec du putsch politique initié par Adolf Hitler.

Les 8 et 9 novembre 1923, les nazis tentent de prendre le pouvoir par la force à Munich, en espérant imiter la Marche sur Rome de Benito Mussolini de 1922. Ils sont cependant défaits et Hitler est emprisonné. Les nazis vont alors changer de stratégie et viser une prise de pouvoir par les urnes, qui réussira en janvier 1933.

Ce putsch deviendra pour les nazis l’acte fondateur de la mythologie nationale-socialiste, avec ses martyres, que Hitler ne manquera pas de célébrer chaque année.

Membres du parti nazi pendant le putsch
  • Le 9 novembre 1938 est également marqué par la Nuit de Cristal.

Le 7 novembre 1938, un diplomate allemand est assassiné à Paris. L’assassin étant juif, les nazis en profitent pour organiser un vaste pogrom, qui a lieu la nuit du 9 novembre. Dans tout le pays, des lieux de culte, des personnes et des magasins sont attaqués.

Bilan : une centaine de juifs sont assassinés, 30 000 sont déportées et des milliers se mettent à fuir, y voyant à raison les premiers signes de la Shoah.

 

Magasin de chaussures de Léo Schlesinger saccagé – Vienne – 10 novembre 1923

 

En 1990, lorsque les autorités allemandes choisissent la date de fête nationale de l’Allemagne réunifiée, ils préfèrent au 9 novembre et ses événements tragiques, le 3 octobre, plus neutre.

Pourtant, faire du 9 novembre un «  jour national » serait une manière de revenir chaque année sur des moments importants de l’histoire du pays. Evidemment, ce ne serait pas un jour aussi réjouissant que le 14 juillet, mais en flânant à Berlin, on voit combien il est important que conserver la mémoire, même s’il s’agit d’événements dramatiques. Parler des massacres et ériger des mémoriaux permet de commémorer et ne pas oublier, en espérant ne pas reproduire les erreurs du passé.

Comme disait Spinoza : « ne pas rire, ne pas pleurer, mais comprendre ».

 

  • Liens pour aller plus loin :

France Info – une fausse émission du 9 novembre 1918
Un texte de Georges Castellan de 1969 sur la Révolution de 1918
Une synthèse qui reprend les grandes lignes de la Révolution de 1918
Un site marxiste qui revient en profondeur sur la Révolution de 1918
Sur le putsch raté de 1923
La page Wikipedia sur le putsch raté de 1923
L’émission 2000 ans d’histoire revenant sur la Nuit de Cristal de 1938
La RTS proposant une série de photos de la Nuit de Cristal de 1938 et ses conséquences
Un double article intitulé : « Pour le 3 octobre ou le 9 novembre comme fête nationale en Allemagne ? »

Fritz, le bébé ours berlinois, n’est plus

Fritz, le bébé ours du zoo Tierpark Berlin.
Fritz, photo du zoo Tierpark Berlin.

Fritz, l’ourson blanc du Tierpark est décédé d’une hépatite le lundi 6 mars 2017.

Au matin, les personnes qui s’occupaient de la famille ont trouvé le petit Fritz très apathique. Après quelques examens, ils se sont rendus compte que sa maladie était très avancée. Malgré tous les soins prodigués, Fritz est mort le soir-même et c’est le cœur lourd que le zoo a dû annoncer son décès.

Berlin n’avait pas connu de naissance d’ours blanc depuis 22 ans. Le décès de cette mascotte est source de tristesse pour beaucoup de berlinois, mais il doit également être vu comme une alerte : l’ours blanc est une espèce menacée à l’échelle mondiale.

Un nouvel ours blanc à Berlin

Un nouvel ours est né en novembre dernier. Il a eu droit à sa première auscultation et se porte bien.
Cet ourson pèse 4,6 kilos et mesure 67 centimètres, ce qui semble être une bonne chose – il est parti pour devenir une grosse bête très puissante !

Photo du 13 janvier 2017, mise en ligne par le Tierpark Berlin/Handout via REUTERS

Pour prolonger l’idée que Berlin est une ville où la démocratie se vit au quotidien, le Zoo offre la possibilité à ses habitants de proposer des noms pour l’ourson. Pour cela, il suffit de contacter les journaux ou radios locales, via tweeter notamment : #Eisbaerbaby chez @zooberlin. Personnellement, j’ai envoyé une suggestion en hommage à un berlinois que j’aimais beaucoup : Ziggy !

Voici une vidéo, prise lors de l’auscultation de l’ourson, le 12 janvier 2017.

Les ours blancs ont du mal à vivre en captivité, mais la naissance de l’un d’entre eux reste une bonne nouvelle pour cette espèce menacée. Le zoo de Berlin travaille à offrir des conditions de vie agréables à ses pensionnaires. The independant, traduit par le courrier international, aborde déjà ces questions en 2006 : http://www.courrierinternational.com/article/2006/10/12/l-ours-polaire-avec-ou-sans-glace

Pour rappel, un autre ours blanc a longtemps été la mascotte de la ville. Pendant 5 ans, les Berlinois venaient régulièrement rendre visite à Knut, au Zoologische Garten. Il est malheureusement mort d’une maladie auto-immune et a sombré dans son bassin devant ses fans. Lui et son « père adoptif », un gardien du zoo, Thomas Dörflein, restent dans les mémoires et les cœurs. Il est même une marque déposée et est côté en bourse. Il faut dire que Knut était le premier ours né en captivité en 30 ans.
En témoigne ce morceau, « Der kleine Eisbär » (« le petit ours blanc »), en vidéo !

En vous baladant sur la toile, vous trouverez de nombreuses vidéos sur cet ourson – souvent kitch, elles valent néanmoins le détour !

Vu le succès de l’appel aux noms, je gage sur un nouvel engouement pour cet ursidé Berlinois !

Berlin, ville de mémoire, capitale inachevée – le point de vue du Dessous des Cartes

Jean-Christophe Victor, le fondateur du « Dessous des Cartes », une émission d’Arte, apporte son analyse sur la capitale allemande d’aujourd’hui.

Cette série de deux vidéos date de décembre 2013, mais les différents points abordés ici sont encore d’actualité. On y parle du poids de l’histoire, du travail de mémoire dans l’urbanisme du centre historique, des bâtiments nazis ou communistes et de leur conservation ou non, mais aussi du statut complexe de cette métropole sur le plan touristique, de son rayonnement culturel, de son retard économique et enfin, de la situation administrative de cette capitale double (certains ministères sont encore à Bonn).

20 minutes d’analyse assez pointue…

….mais j’ai tout de même remarqué une erreur dans la vidéo !
Un petit détail, trois fois rien : sur une des cartes, un lieu est illustré par une photo, qui n’a pas été prise à cet endroit ! Je vous laisse chercher et posterai la bonne photo d’ici quelques jours.

Dans mes visites, j’utilise beaucoup de photos que l’on retrouve dans cette vidéo. Elles sont indispensables pour donner un aperçu de l’état de Berlin après la guerre ou après la chute du mur et permettent ainsi de mieux prendre conscience de l’immense travail de reconstruction qui a lieu dans la ville.

Bon visionnage !

 

 

Hiver(s) berlinois

Ça y est, l’hiver est arrivé ! La date fatidique du passage à la saison hivernale, c’était lundi dernier : pourquoi une date aussi précise ? Une succession de petits événements.

Tout d’abord, c’est le jour où je me suis résigné à sortir mon sac de vêtements d’hiver. Depuis, ma chambre ressemble à un chalet de montagne à la saison du ski : dix écharpes, quatre paires de gants, quatre pulls en laine et un tas de Thermolactyl. Et comme chaque hiver, je peine à fermer la porte de mon placard.

Deuxième détail, j’ai senti une odeur de cannelle dans la rue, signe que le vin chaud est de retour – je me suis alors réjoui à l’idée que les marchés de Noël rouvriront dans quelques semaines.

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Mais si l’hiver a précisément débuté lundi dernier, c’est parce que les gaufres sont revenues aux 3 Schwestern, la cafétéria de Bethanien à Kreuzberg. Telles des hirondelles hivernales, elles remplacent chaque années les délicieuses glaces des beaux jours et marquent pour moi le retour des longues soirées froides.

Elles me rappellent également mon premier hiver passé ici : arrivé fin septembre, j’ai pu profiter d’un bel automne pour explorer la ville, mais comme beaucoup je fus surpris par le froid dès novembre. Heureusement, ces gaufres m’avaient un jour réchauffé la chair et le cœur et je revis cette belle expérience chaque année.

Au revoir les sorbets, mais bienvenue à la pâte chaude recouverte de « Zimt und Zucker » (Cannelle et sucre) !

Avec l’hiver, la ville change d’atmosphère et adopte un nouveau rythme : la luminosité baisse, les terrasses disparaissent, l’odeur du charbon refait son apparition, les habitants ressortent les braseros, la rue passe de zone de rencontre à zone de transit, le café chaud est doublement apprécié et les après-midi entre amis se déroulent dans le cocon de la maison !

Bonne saison froide à tous !

Berlin détruite après la Seconde Guerre mondiale

 

La Seconde Guerre mondiale a été dévastatrice, tant sur le plan matériel qu’humain.
Près de 80 % du centre-ville berlinois a été détruit par les bombardements et avec près de 450 000 victimes, la population berlinoise a payé un lourd tribut pour sa libération.

Il est difficile aujourd’hui de s’en rendre compte, car depuis la chute du mur en 1989, les travaux de modernisation se multiplient dans la ville. Seules quelques vidéos ou photos peuvent encore nous aider à prendre conscience de l’étendue du désastre.

Postée en 2015, cette vidéo reprend des images d’archive de Berlin et Potsdam :

Sur le plan humain, la bataille de Berlin soulève encore de nombreux débats : les puissances alliées sont-elles responsables de crimes de guerre ? Les viols massifs de la population berlinoise par les soldats alliés étaient-ils des actes isolés, mais à grande échelle, ou bien les autorités ont-elles consciemment laissé faire, voire encouragé leurs soldats ?

Les ruines sont encore chaudes lorsque débute la Guerre froide et Berlin est à nouveau le centre du conflit – cette fois d’un nouveau genre.

 

Tour privé et sur-mesure

Pour aborder les thèmes qui vous intéressent, dans les conditions qui vous conviennent le mieux.

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Je suis toujours ravi d’élaborer des visites sur-mesure. Le parcours et la durée de la visite sont préparés ensemble, pour correspondre au mieux à vos envies.

Connaissant Berlin sur le bout des doigts, je peux élaborer des visites dans la plupart des quartiers et aborder des questions d’histoire, de politique, d’architecture, d’art et de culture.

Pour tous

  • Particuliers
  • Entre amis
  • Agences
  • Ecoles
  • Associations
  • Comités d’entreprises

En toute occasion

  • Découverte
  • Visites spécialisées
  • Anniversaires
  • Enterrement de vie de garçon/de jeune fille
  • Colloques, incentive et team building
  • Même en hiver !

Le Métro, témoin de l’histoire

Un autre regard sur l’histoire et la géographie de la ville – idéale en hiver ou en cas de mauvais temps !

U-Bahn (métro)

Le réseau de transport berlinois est très performant et permet de passer d’un point à l’autre de la ville rapidement, pour en découvrir la diversité et l’étendue.

Comment s’est développé le métro ? Circulait-il pendant l’époque du mur ? Pourquoi n’y a-t-il pas de trams dans l’ouest de la ville ? Pourquoi certaines lignes sont aériennes et d’autres souterraines ?

Témoin des grands événements et du développement urbain de Berlin depuis la fin du XIXème siècle, le métro permet d’aborder les thèmes majeurs de la ville, sous un autre angle.

Nous débutons la visite à la station Alexanderplatz pour l’achever à Warschauer strasse.

Se munir d’un ticket de transport à la journée, zone AB.

Est-berlinois à vélo

Pour comprendre l’héritage communiste de la ville et son devoir de mémoire, en pédalant (Centre historique et quartier dynamique – Mitte/Friedrichshain).

Une partie du tour se déroule le long de la Karl Mark Allee : la vitrine du socialisme allemand
La Karl-Mark-Allee

Cette exploration permet de découvrir des thèmes majeurs de l’histoire de Berlin : des grands desseins communistes aux nouveaux projets du Berlin post-réunification, en passant par les origines médiévales et les heures sombres des totalitarismes.

Nous débutons à Alexanderplatz, passons à Friedrichshain et revenons au point de départ.

Nous vous proposons de faire cette visite avec le moyen de transport préféré des berlinois : le vélo ! Vous pouvez venir avec votre propre vélo ou nous vous aidons à en louer à proximité du point de départ (la location de vélo est en supplément).

Sur demande, la visite peut se faire à pied.